Dans la cour d’assises d’Évry, huit voix s’élèvent : récit d’une après‑midi d’éloquence

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11ᵉ édition du concours d’éloquence : les collégiens essonniens font vibrer la cour d’assises d’Évry

La lumière de la cour d’assises filtrait doucement à travers les hautes fenêtres, dessinant sur les bancs de bois des lignes dorées qui semblaient attendre, elles aussi, le début du concours d’éloquence. À 14 heures, les portes se sont refermées derrière les derniers spectateurs, et un silence dense, presque solennel, a envahi la salle. C’est dans ce décor que huit collégiens essonniens s’apprêtaient à vivre un moment qu’ils n’oublieraient pas.

Un concours né pour donner la parole aux jeunes

Il y a onze ans, le CDAD 91 lançait ce concours d’éloquence pour répondre à un climat de tensions entre jeunes. L’idée était simple et ambitieuse : offrir aux collégiens un espace pour réfléchir, argumenter, comprendre la justice et, surtout, apprendre à se faire entendre. Depuis, chaque édition révèle des talents, des personnalités, des voix qui se cherchent et se trouvent.

Cette année, le thème choisi — « L’Intime conviction » — promettait des prises de parole intenses, parfois fragiles, souvent puissantes.

Le président ouvre la séance : un encouragement qui résonne

Lorsque Guillaume MEUNIER, président du tribunal judiciaire d’Évry, a pris la parole pour prononcer son discours d’ouverture, les élèves ont redressé le dos, les mains serrées sur leurs notes. Il les a félicités, les a remerciés, puis a glissé cette phrase qui a fait sourire même les plus stressés : « La robe protège, mais rarement du trac. » Une vérité que chacun semblait ressentir jusque dans le bout des doigts.

À ses côtés, Maître HUCHET, Bâtonnière et le Procureur de la République M. DULIN ont procédé au tirage au sort des passages. Les papiers froissés, tirés un à un, ont scellé l’ordre dans lequel les jeunes allaient affronter la salle, le jury… et eux‑mêmes.

Première épreuve : Seznec, un nom qui pèse

Les huit candidats se sont succédé pour revisiter l’affaire Guillaume Seznec, un dossier complexe, mystérieux, presque mythique. Quatre d’entre eux ont porté la voix de l’accusation, quatre autres celle de la défense.

À chaque prise de parole, la salle retenait son souffle. Il y avait ceux qui parlaient vite, comme pour ne pas laisser le doute s’installer. Ceux qui marquaient des pauses, cherchant le regard du jury pour mieux convaincre. Ceux qui tremblaient un peu, mais dont la voix se raffermissait au fil des phrases.

Les magistrats, les avocats, les représentants du département, de la préfecture, de l’Éducation nationale et de la PJJ écoutaient attentivement, parfois avec un sourire discret, parfois avec un sourcil levé d’admiration.

À l’issue de cette première manche, quatre noms ont été retenus. Les autres ont rejoint leurs camarades sous les applaudissements nourris du public.

Demi‑finale : l’affaire Libellule, un drame aux zones d’ombre

La deuxième affaire, celle de Dominique Aubry, dite « Libellule », plongeait les candidats dans un récit plus intime, presque romanesque. Un héritage colossal, un dîner à trois, une femme retrouvée morte, un testament qui interroge.

Les demi‑finalistes ont dû naviguer entre faits, hypothèses et émotions. Certains ont choisi la rigueur froide du droit. D’autres ont laissé transparaître une indignation sincère. Tous ont montré une maturité étonnante.

La finale : quatre voix, deux duels, une intensité palpable

Lorsque les finalistes ont été annoncés, un frisson a parcouru la salle.

Pour la défense :

  • Gabriella MENDONCA SANTANA
  • Johlan ROLLIER‑CHANGY

Pour le ministère public :

  • Jeanah BASSENGA‑FIELLLOT
  • Ilef LAMINE

Les deux duels se sont enchaînés, chacun plus vibrant que le précédent. Les mots fusaient, précis, choisis, parfois poignants. Les regards étaient ancrés, déterminés. On oubliait presque qu’il s’agissait de collégiens.

Quand le silence est retombé après la dernière plaidoirie, on sentait que quelque chose d’important venait de se jouer.

Le verdict : deux lauréates, huit victoires

Après une ultime délibération, le jury a rendu son verdict : Gabriella MENDONCA SANTANA pour la défense, Ilef LAMINE pour le ministère public.

Les applaudissements ont rempli la salle, chaleureux, sincères. Mais au‑delà des deux gagnantes, c’est toute une promotion de jeunes orateurs qui a été célébrée.

Des récompenses, mais surtout une expérience

Les lauréates sont reparties avec un ordinateur portable, et pour tous : des stylos, des goodies, des cartes cadeaux, des diplômes encadrés. Mais ce que chacun emporte surtout, c’est une expérience rare : celle d’avoir pris la parole dans un lieu où chaque mot compte.

🎉 Des félicitations unanimes

Les membres du jury ont tour à tour salué la qualité exceptionnelle des prestations :

  • Guillaume MEUNIER, Président, a chaleureusement félicité les jeunes, saluant la qualité d’écriture de chaque texte et le respect du temps de parole. Très impressionné par l’ensemble des candidats, il a rappelé qu’un choix devait malgré tout être fait.
  • Maître Cassandre HUCHET, Bâtonnière, s’est dite très impressionnée et a rappelé que tous pouvaient être fiers avant de représenter l’Essonne en Super Finale. Elle a remercié les avocats impliqués dans la préparation ainsi que Maître Stéphanie PÉDRO pour son engagement constant.
  • Alexandre TOUZET, vice-président du conseil départemental, a souligné la grande qualité des prestations.
  • Alexandre NAGHI, Directeur de cabinet de Mme la Préfète pour l’égalité des chances, a adressé un grand bravo aux huit candidats, mettant en avant des plaidoiries très travaillées et de grande qualité.
  • Grégory MACIAZEK, directeur académique adjoint, a salué l’engagement des participants, la qualité du travail accompli et a remercié les enseignants ainsi que l’équipe pédagogique et éducative.
  • Mme Émilie COURTOT, PJJ, a relevé la qualité remarquable des propos, tant sur le fond que sur la forme, et s’est dite impressionnée par la manière dont chacun a porté ses convictions.
  • Hugo DEMENOIS, directeur Justice et Ville, a félicité les élèves et remercié l’équipe de l’association pour l’important travail réalisé.

Et maintenant, la suite

Les quatre demi‑finalistes représenteront l’Essonne lors de la finale interdépartementale face aux lauréats du Val‑de‑Marne. Une nouvelle scène, un nouveau défi, et peut‑être de nouvelles vocations qui naîtront.

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