Le jeudi 2 octobre 2025, l’Université d’Évry a accueilli une édition particulièrement marquante de La Nuit du Droit, organisée par le CDAD de l’Essonne (Conseil Départemental de l’Accès au Droit) en partenariat avec l’Université d’Évry.
De 16h30 à 20h30, l’Amphithéâtre 100 a réuni plus de 70 participants pour un ciné-débat autour du film Je verrai toujours vos visages, consacré à la justice restaurative. Étudiants, lycéens, professionnels du droit, membres de l’ACJE et de l’UDAF ont répondu présents pour cette soirée complète, riche en émotions et en réflexions.
🎓 Une ouverture solennelle et un film qui interpelle
La soirée a débuté par les discours de M. Dimitri HOUTCIEFF, Doyen de la Faculté de Droit et de Science Politique, et de M. Francis BOBILLE, Président du Tribunal Judiciaire d’Évry. Ces derniers ont introduit le thème en soulignant la complexité de la justice restaurative.
Le film, salué par des applaudissements nourris, a servi de tremplin à un débat passionnant.
🗣️ Un débat pluriel et éclairant
M. HOUTCIEFF a présenté les intervenants et proposé de débuter par leurs impressions sur le film. Mme Christine LOPEZ, Directrice du SPIP de l’Essonne, a souligné la justesse du film, très proche de la réalité vécue par les animateurs de justice restaurative.
Mme Karine VERMÈS, Procureure de la République adjointe, a précisé que les magistrats d’Évry ne sont pas encore formés à cette pratique, mais que le travail est en cours. Elle a rappelé que la justice restaurative peut intervenir à tous les stades de la procédure, et que le film a relancé l’intérêt pour ce dispositif, suscitant des demandes concrètes de victimes et d’auteurs. Elle a également évoqué ses origines canadiennes, où elle est appelée « justice restauratrice ».
Mme Caroline LACROIX, Maître de conférences HDR, a précisé que ce droit, inscrit dans la loi depuis 2015, concerne uniquement les victimes. Mme Inès ATROUSSY, DPIP au SPIP 91, a ajouté qu’un début de justice restaurative nécessite la reconnaissance des faits par l’auteur. Elle a annoncé la création d’une liste d’attente d’auteurs volontaires et le lancement d’un groupe projet en Essonne.
📉 Des effets concrets et mesurables
Les échanges ont mis en lumière les bénéfices tangibles de la justice restaurative. Au Québec, les chiffres montrent une baisse de la récidive chez les auteurs. Les victimes, en complément d’une psychothérapie, se sentent « réparées », avec un impact positif sur leur santé.
⚖️ L’humain au cœur du droit
Maître HUCHET, Bâtonnière de l’Essonne, a livré une intervention poignante : dans un monde idéal, la justice aurait les moyens de remplir seule cette mission. Mais en l’état, la justice restaurative permet de remettre l’humain au centre, de donner la parole et de réparer, des deux côtés.
🥂 Clôture conviviale et perspectives
M. HOUTCIEFF a conclu la soirée en remerciant chaleureusement les participants et en les invitant à prolonger les échanges autour d’un cocktail.
Rendez-vous est déjà pris pour octobre 2026, pour une nouvelle Nuit du Droit, toujours plus engagée et inspirante.