Pour la dixième année consécutive, huit collégiens se sont affrontés sur le thème « La parole de l’enfant ».
Dès 2015, suite à de nombreuses rixes entre jeune en Essonne, le CDAD 91 a, dans le cadre d’une réunion multi partenariale avec les services de la Préfecture, du Département, de l’Éducation Nationale, du Barreau et de l’Association Justice et Ville, créé un concours d’éloquences pour sensibiliser les jeunes aux valeurs de la citoyenneté et leur faire connaître la justice.
Le 17 mars 2025, pour la dixième année consécutive, huit collégiens se sont affrontés sur le thème « La parole de l’enfant ».
Chaque classe a bénéficié de 4 ateliers de préparation avec des avocats et magistrats du parquet qui s’étaient portés volontaires pour aider les élèves. Au terme de ces ateliers, chaque établissement a sélectionné 2 élèves pour les représenter lors du concours : un magistrat du parquet et un avocat de la défense.
Quatre des élèves issus des collèges Louise Michel et Senghor (Corbeil-Essonnes), Olivier de Serres (Viry-Châtillon) et Delalande (Athis-Mons) ont donc présenté un réquisitoire et les quatre autres, une plaidoirie.
Lors de la première phase du concours, les 8 candidats se sont opposés sur l’affaire « Villemin ».
Grégory Villemin, un enfant de quatre ans, est retrouvé mort le 16 octobre 1984 dans une rivière à six kilomètres du domicile familial, pieds et mains liés. Le lendemain du drame, les parents (Christine et Jean-Marie Villemin) reçoivent une lettre d’un auteur anonyme revendiquant le crime.
Les premières expertises graphologiques identifient Bernard Laroche, un cousin de Jean-Marie, comme auteur de ces lettres et comme potentiel meurtrier ; sa belle-sœur âgée de quinze ans, Murielle Bolle, témoigne avoir été avec lui dans la voiture au moment où il serait passé prendre le petit Gregory le jour du drame. Quelques jours plus tard, la jeune femme se rétracte.
Bernard Laroche est emprisonné. Deux mois après sa sortie de prison, il est tué d’un coup de fusil par Jean-Marie Villemin, qui croit alors se faire justice.
En 1993, Jean-Marie Villemin est condamné à purger cinq ans de prison dont 4 ans ferme pour le meurtre de son cousin.
Trente-quatre ans plus tard, l’identité du meurtrier n’a toujours pas été établie.
Lors du concours d’éloquence, cette affaire a été abordée en jugeant Jean-Marie Villemin pour l’assassinat de Bernard Laroche en mettant l’accent sur le témoignage de Murielle Bolle. En effet, c’est cet élément qui a poussé Jean-Marie Villemin à l’abattre.
Pour la deuxième phase (demie finale), il ne restait plus que 4 candidats.
Ceux-ci se sont affrontés sur l’affaire « Marina Sabatier ».
Marina Sabatier, tout juste âgée de 8 ans est morte dans la nuit du 6 au 7 août 2009 sous les coups de ses parents après des années de sévices. Battue à coups de pied, de poings, de sangles ; affamée pendant des jours ; recluse à la cave, nue et bâillonnée ; plongée dans des bains glacés ou brûlants ; forcée à porter des charges particulièrement lourdes, sans chaussures, jusqu’à en avoir les pieds déformés, Marina a succubé à ce long calvaire infligé par ses parents.
La personne jugée pour le concours d’éloquence est l’amant de la mère pour non-dénonciation de mauvais traitement sur mineur. Il aurait été témoin des mauvais traitements subis par Marina. Celui-ci avait en effet, vécu trois mois au domicile du couple.
Les participants ont été jugés sur leur expression orale, leurs arguments juridiques, leur capacité à convaincre, l’émotion ressentie lors de leur prestation, leur capacité à persuader, la cohérence de leur texte, la durée de leur plaidoirie et le détachement de leurs notes.
Lors de la finale, Anamaria KAMLADZE (collège Senghor à Corbeil-Essonnes) et Sofia HACHIKA (collège Louise Michel à Corbeil-Essonnes) se sont affrontées, pour la défense.
Tandis que pour le ministère public, Sumeyra BURAK (collège Senghor à Corbeil-Essonnes) et Kimberly AYADJI (collège Olivier de Serres à Viry-Châtillon) ont été opposées.
Suite aux délibérations du jury dirigé par Monsieur BOBILLE (Président du Tribunal Judiciaire), Anamaria KAMLADZE (avocat de la défense) et Sumeyra BURAK (avocat général) ont été déclarés vainqueurs.
Tous les participants ont été félicités par l’ensemble des membres du jury et plus particulièrement par Mme la Bâtonnière et par M. DELMAS, Directeur académique adjoint. Tout d’eux ont fait remarqués qu’il y avait de très beaux talents en Essonne et ont remerciés les professeurs qui se sont investis dans cette action.
Cette année, le CDAD de l’Essonne a offert 2 ordinateurs portables aux gagnants et des stylos à tous les participants. La préfecture et le département ont, quant à eux, offert des goodies.
Les participants ont également reçu des cartes cadeaux de la part du Barreau de l’Essonne et des diplômes encadrés de l’Association Justice et Ville.
Les quatre demi-finalistes affronteront les vainqueurs du concours d’éloquence organisé par le CDAD du Val-de-Marne lors de la finale interdépartementale qui aura lieu en juin prochain.